Bon, disons, globalisationnement parlant, que ça se cuisine comme un
chili con carne où l'on remplacerait les haricots rouges par des lentilles vertes et le bœuf hâché par de la poitrine de porc fumée. Rien à voir avec les lentilles farcies à la sauce Blanche (Francis).
Vous prenez une bonne dose de lentilles sèches, bien rincées, Grosso & Modo (paix à leurs regards divergents et convergents) 80 g par personne et pour une préparation destinée (Oh ! le destin, l'intestin..., avec les lentilles, il faut s'attendre à tout) à 3 ou 4 personnes, selon l'appétit présumé de chacune, chacun.
Préparez vos lentilles vertes (bio, de préférences, car ces légumineuses-là ont l'art de s'assimiler toutes les qualités du sol où l'on les pousse... mais aussi toutes ses saloperies) selon les conseils du conditionneur, mais en veillant à les conserver assez fermes, car elles devront ensuite finir de couire encore doucement en bonne et autre compagnie.
Pendant que les lentilles couisent, dans une belle cocotte, faites suer un ou deux gros oignons hâchés - d'Espagne ou, pour le douceur, le 'Jaune paille de Vertus'' (eh oui !) - , ajoutez deux à trois belles tranches de poitrine fumée, acquises chez votre charcutier préféré, taillées en lardons - surtout pas de ces autres saloperies appelées 'allumettes' de lard ou lardons sans couenne extraits de votre supermarché (aussi) préféré. Laissez fondre doucement, comme le désir et le reste - pour ce qui est d'autres lardons, si vous ne les avez déjà faits, vous les ferez plus tard, pendant l'utile sieste digestive qui suivra, par exemple.
Quand tout cela a bien fondu, pris une douce couleur ambrée, salez, poivrez, ajoutez moult et moult, cumin, paprika, ail, en semoulade (n'hésitez pas, ici - comme dans l'amour - le trop est l'ami du bien). Laissez frisotter légèrement les épices.
Une fois couites, les lentilles - surtout, ne jetez pas immédiatement l'eau de cuisson - , à l'aide d'une honnête louche, ajoutez-les à l'autre préparation. Mouillez encore un peu, si nécessaire, avec de l'eau de cuisson - jetez enfin le reste, ou buvez-le, un fois tiédi -, ajoutez encore de la purée ou du coulis de tomate. Laissez mijoter très doucement - comme un homme, une femme, ou encore un(e) autre, dans son désir. Une heure à une heure et demi conviennent.
Parallèlement, vous aurez coupé en petits dés deux tranches de pain complet et vous les aurez faits voluptueusement tremper dans du lait.
Quand, enfin, tout est couit doucement, vous ajoutez le pain à la préparation, et bien le mélangez - ça adoucit la saveur un peu 'métallique' des lentilles et ça lie le tout. Rectifiez l'assaisonnement. Vous laisserez, finalement, chacune, chacun, ajouter, au gré, du vrai piquant (piment fort, pili-pili, voire harissa).
Servez largement à chacune, chacun, dans un grand bol ou une assiette, dite creuse, accompagné d'une cuiller à lentille, concave d'un côté, convexe de l'autre, par personne, pour icela déguster - et éviter d'avoir à manger avec les doigts -, en prenant le soin de garnir délicatement chacune, chacun, d'une belle pincée de coriandre fraîche ciselée.
Bonne appétit... et bonne après-midi, tout autant.
À chacune, chacun et, surtout, merci à Mariana, à qui je dois cela, nonobstant le fait que, pour des raisons très chiliennes, à l'époque, et d'autre manière, obscurément, elle aussi, Pinochet la cuisina. Ouf, c'est fini !