dimanche 6 mai 2012

Ouf !





Ouf ! 




Onomatopée. S'emploie pour transcrire le son étouffé produit par quelqu'un venant d'effectuer un effort pénible ou de supporter une douleur, une gêne ayant entraîné chez lui une difficulté momentanée à respirer.

Interjection. S'emploie pour exprimer la satisfaction du locuteur après qu'un événement heureux (prévu ou non prévu) a soudainement mis fin à la situation pénible ou dangereuse qu'il vivait.


Ubu. - Me voilà ! Me voilà ! Sapristi, de par ma chandelle verte, je suis pourtant assez gros.

Capitaine Bordure. - Bonjour, père Ubu. Asseyez-vous, mes hommes. (ils s'asseyent tous.)

Père Ubu. - Ouf, un peu plus, j'enfonçais ma chaise.

Capitaine Bordure. - Eh ! Mère Ubu ! Que nous donnez-vous de bon aujourd'hui ?

Mère Ubu. - Voici le menu.

Père Ubu. - Oh ! Ceci m'intéresse. 


Extrait d'Ubu Roi d'Alfred Jarry, 1895. 




mercredi 18 avril 2012

Une vie bien remplie !







Une vie bien remplie ! 

De quoi ? 
Par qui ? 
De quelle manière ? 

À quelle(s) fin(s) ? 



jeudi 8 mars 2012

Sexe faible, religion forte



Comment un moine de Chôrakuji vit dans la montagne une nonne entrée en concentration. 





C'est maintenant du passé. Il y a dans la montagne de l'Est, à la Capitale, un endroit appelé le Chôrakuji. En cet endroit, il y avait un moine qui s'exerçait à la pratique de la Voie du Buddha. Pour cueillir des fleurs et les offrir au Buddha, ce moine était entré profondément dans la montagne et parcourait les cimes et les vallées lorsque le jour s'assombrit. Aussi s'arrêta-t-il pour la nuit au pied d'un arbre.

À partir, environ, de l'heure du Sanglier, il entendit à côté du lieu où il s'était arrêté une voix qui, d'un ton faible, vague et d'une précieuse qualité, récitait le Sûtra du Lotus de Loi. Le moine pensa : "C'est extraordinaire !" et toute la nuit il écouta, songeant : "Dans la journée, il n'y avait personne à cet endroit. Y aurait-il là quelque immortel des montagnes ?" Tandis que, sans rien y comprendre, il se tenait là en respect, à écouter, la nuit arriva peu à peu au point où elle va s'éclaircir, blanchir. Sur quoi il se mit en quête de la direction où s'entendait cette voix et comme, peu à peu, en cheminant, il s'en était rapproché, il y eut un être qui lui apparut, légèrement plus haut que le sol. "Quel être peut donc bien se tenir là ?" Tandis qu'il regardait, la nuit, tout en blanc, s'éclaircit. Or, en réalité, c'était un rocher où croissait la mousse, où serpentaient et s'accrochaient des ronces. "Cette voix qui récite le Sûtra, de quel côté peut-elle bien se trouver ?" se demanda-t-il encore avec perplexité. "Et si l'immortel des montagnes étant dans ce rocher, c'était lui qui récitait ?" Ému et rempli de respect, il resta là quelque temps à observer ; sur quoi le rocher, comme si brusquement il bougeait, devint plus haut. "C'est extraordinaire !" Tandis qu'il regardait, le rocher devint un être humain, se dressa et se mit à courir. À regarder, c'était une religieuse d'environ soixante ans. Du fait qu'elle s'était dressée, les ronces avaient été distendues et elles s'étaient toutes brisées.

Comme le moine, tout effrayé qu'il fût, demandait : "Qu'est-ce donc que cela ?", cette religieuse, pleurant pleurant, dit en réponse : "Moi qui depuis des années me trouvait en cet endroit, il ne m'était jamais arrivé de concevoir une pensée de désir amoureux. Mais à l'instant, en vous voyant qui étiez venu, je vous ai regardé : 'Hé, ne dirait-on pas un homme ?' Sur quoi je suis revenue à ma forme première, que c'est là une triste chose ! Encore une fois, il n'est rien qui soit aussi misérable qu'un corps humain. Maintenant, je ne pourrai redevenir comme avant qu'après qu'il se sera passé un temps plus long que les années qui viennent de s'écouler", dit-elle et, pleurant et se désolant, elle pénétra en cheminant dans les profondeurs de la montagne.

Cette histoire que le moine raconta après qu'il fut rentré au Chôrakuji, les disciples de ce même moine, l'ayant entendue la transmirent au monde.

À écouter cela, même s'agissant d'une nonne entrée en concentration, il en va pareillement. Alors, est-il besoin de le dire, de quel degré sera le péché des femmes qui sont dans le siècle ? On peut l'imaginer. Ainsi dit-on qu'il a été rapporté.


Extrait de Histoires qui sont maintenant du passé [Konjaku-monogatari shûri], traduit du japonais par Bernard Frank, Connaissance de l'Orient, Gallimard / Unesco, Paris, 1987.



Le Konjaku-monagari shûri, recueil d'anecdotes liées aux nécessités de la prédication bouddhique écrit dans l'idiome local, et non en chinois classique, est un des plus anciens ouvrages de ce type. Il était originellement composé de trente-et-un maki (volumes, soit en rouleaux, soit pliés, en cahiers cousus). On y traite successivement de l'Inde, de la Chine et du Japon, quand ce dernier adopta massivement le bouddhisme comme religion officielle. L'identité de l'auteur fait toujours débat et la rédaction se situe aux environs de la fin du XIe siècle, début du XIIe de notre ère. 

C'est maintenant du passé : La formule initiale de l'anecdote, et celle qui la clôt, sont rituelles pour ce genre de récit. C'est, en quelque sorte, notre 'Il était une fois'.

Le Chôrakuji, ou Monastère de la Joie Prolongée, existe toujours à Tokyo, au pied des hauteurs qui se situent à l'est de la rivière Kamo, il appartient à la Secte Tendai (bouddhisme du Grand Véhicule). 

Heure du Sanglier : entre neuf heures et onze heures du soir. 

Immortel des montagnes : terme venu de Chine et d'origine taoïque, littéralement 'homme des montagnes', désignant des ascètes retirés loin du monde et au fond des montagnes, ayant acquis des facultés supranaturelles, notamment de ne pas vieillir, ni mourir. Le bouddhisme a 'récupéré' ce terme en le relativisant quant à l'immortalité. 

Sûtra du Lotus de la Loi : texte canonique de référence du bouddhisme du Grand Véhicule et notamment de la Secte Tendai, au Japon. 

Péché des femmes : rien à voir ici avec le sens de péché originel que le christianisme accorde à ce terme. Il s'agit pour les bouddhistes de ce qui entrave délibérément la capacité d'échapper à la matérialité du monde présent. 




mardi 28 février 2012

C'est R.S. ... Est-ce, est-ce ?



 Contournant le monument le plus imposant de la capitale à l'occasion de ma promenade canine quotidienne — le chien, c'est moi ; le maître tout autant —, je rencontre une inhabituelle colonne de véhicules de police stationnée à proximité. Pourtant, aucun séisme en perspective, aucun rassemblement dommageable à l'ordre républicain, aucun terroriste dans la ligne de mire — décidément, la perfecture de police a ses raisons que le citoyen ne connaît pas. Oh ! il ne s'agit pas de ces habituels militaires en treillis, l'air accablé — que l'uniforme ne fait-il pas ! — mais de ces 'bêtes' (à prendre ici dans le sens belge du terme) policiers, pas même dans cet accoutrement qui les fait ressembler à des scarabées noirs, en moins élégants, pas même dotés d'une de ces armes redoutables et génériques à consonance russe, bien que prudemment verrouillée, non, costume, si l'on peut dire, de coutil noir, galoches à clous, calot de travers, pas même machouillant une vague gomme, pas même fumant un j…, non, une cigarette, pas même manipulant dans leur désœuvrement un quelconque appareil androïde, non, tout bêtement, de 'bêtes' — au sens belge du terme — CRS patrouillant vaguement.

Prudence oblige — c'est ainsi que j'existe encore —, comme à l'accoutumée, les voyant, le chien, la laisse et moi — c'est tout un —, nous effectuons ostensiblement une large courbe d'évitement, qui manifestement ne passe pas inaperçue. Malgré la distance qui se creuse et s'étend, j'entends le 'flic' dire, me voyant sans avoir l'air de me regarder, s'adressant à moi sans avoir l'air de me parler : ''N'ayez pas peur !'

Tilt !

Dans le même temps, j'entends les merles siffler, les mésanges striduler, joyeusement et ostensiblement. C'est le printemps !



lundi 27 février 2012

La silhouette blanche




... BLACKS, NIKE VOUS NIPPE* PLUS BLANC !



Affiche publicitaire de >Nike pour la tenue (saison 2012-13)
 des joueurs de l'Équipe de France de Football (FFF).
[Cliquer sur la photo pour l'agrandir.]

* Est-ce le terme approprié ?

vendredi 24 février 2012

Fais-moi sentir, dit-il [E.E.Cummings]





Gravure de >Martin Van Maelec. 1905-1909.





et pour en finir [provisoirement] avec la question du sexe…




Fais-moi sentir, dit-il
(tu veux que je crie ?, dit-elle
seulement une fois, dit-il)
c'est amusant, dit-elle

(laisse-moi toucher, dit-il
jusqu'où ?, dit-elle
un peu plus bas, dit-il)
et pourquoi pas ?, dit-elle

(s'il te plaît encore, dit-il
mais pas trop, dit-elle
quand est-ce trop ?, dit-il
ça l'est déjà, dit-elle)

laisse-moi rester, dit-il
(comment ?, dit-elle
euh… comme ça, dit-il
si tu m'embrasses, dit-elle

si je reste, dit-il
c'est de l'amour, dit-elle)
si tu le décides, dit-il
(tu me tues, dit-elle

c'est la vie, dit-il
et ta femme, dit-elle
et maintenant, dit-il)
ooh voilà, dit-elle

(doucement, doucement, dit-il
ne t'arrête pas, dit-elle
tu peux y compter, dit-il)
vas-y doucement, dit-elle

(je jouiiis ?, dit-il
ooooh, dit-elle)
c'est divin, dit-il
(tu es à Moi, dit-elle)


>E.E. Cummings, Fais-moi sentir, dit-il / (may I feel, said he), extrait de Complete Poems 1913-1962. 

jeudi 23 février 2012

Du vrai sexe [D.H. Lawrence]



Chose promise, et qu'on l'entende comme on veut — ou comme on peut —, voici l'autre versant, mais si complémentaire, de ce que Pablo Neruda rendait manifeste dans son poème présenté hier. Ici, la passion érotique au corps à corps, ou plutôt au corps contre corps, de deux êtres, une femme et un homme, seuls avec eux-mêmes dans cet événement bouleversant — "bouleversifiant", pour reprendre le mot si juste d'une amie — qu'est, selon D.H.Lawrence, "l'antique passion qui unit".

Autant poète qu'écrivain, romancier et essayiste, loin de la figure scandaleuse à laquelle une certaine société puritaine, de triste bourgeoisie sexiste, à voulu le réduire, D.H. Lawrence est certainement d'abord un "moraliste". N'écrivait-il pas : "Là où il y a du vrai sexe on trouve une passion latente pour la fidélité…" et, même, revenant sur le motif dans un très beau poème intitulé d'ailleurs "Fidelity" :

Et quand à travers tous les sauvages orgasmes de l'amour
doucement se forme une pierre précieuse dans les anciennes roches refondues
de deux cœurs humains, deux anciennes roches, un cœur d'homme et un cœur de femme,
c'est le cristal et la paix, le lent et dur joyau de la confiance, le saphir de la fidélité.
Le gemme de paix mutuelle émergeant du chaos sauvage de l'amour.




Aussi, lorsque dans son roman fétiche, "L'amant de Lady Chatterley", Connie, Lady Chatterley "rencontre", à Nottinghamshire, Mellors, son garde forestier, non pas au-delà, mais à travers les péripéties amoureuses elles-mêmes, c'est effectivement "le gemme de paix mutuelle émergeant du chaos sauvage de l'amour" qui se découvre, et c'est aussi ainsi que se conclut cette rencontre, qui est pour eux deux découverte et révélation. Tendresse et fragilité tel est in fine ce qui trame le "vrai" rapport amoureux.

Ah ! C'est trop beau ! C'est trop beau ! Dans le flot, elle comprit toute la beauté. Maintenant, tout son corps s'accrochait avec un amour tendre à l'homme inconnu, et aveuglément au pénis qui se flétrissait, pendant que tendrement, faiblement, sans le savoir, il se retirait après le fier impact de sa puissance. Comme il se retirait et abandonnait son corps, si secret et si sensible, elle poussa un cri inconscient de pur effroi et essaya de le réintroduire en elle. Cela avait été si parfait ! Elle elle l'aimait tellement !

Seulement maintenant elle se rendait compte de sa petitesse, de sa réticence de bobèche et de la tendresse de son pénis, et un petit cri d'émerveillement et de douleur lui échappa à nouveau, le cri de son cœur de femme stupéfaite par la délicate fragilité de ce qui avait été puissance.

"C'était si beau !" gémit-elle. "C'était si beau !" Mais il ne dit rien : il l'embrassa doucement, gisant sur elle sans bouger. Et elle gémit dans une sorte de béatitude, comme un holocauste ou une créature qui vient à peine de voir le jour.

D'ailleurs, Lawrence lui-même prend les devants dans sa préface afin de désamorcer le mauvais procès qu'on tente de lui faire en précisant :

C'est cela que le monde nommerait indécence. Mais toi tu sais que ça n'est en rien indécent. Je me bats toujours pour la même chose, pour rendre le rapport sexuel acceptable et précieux, et non honteux. Et dans ce roman je suis allé encore plus loin. Pour moi, il est beau, tendre et fragile comme la nudité elle-même.

Ainsi, pour moi, la cause est entendue.


>D.H. Lawrence, extraits de Fidélité dans Pansies / Pensées et de L'Amant de Lady Chatterley, Éditions Gallimard, Paris. 


mercredi 22 février 2012

La résidence sur la terre [Pablo Neruda]



Voici quelques huit années, et quelques mois de surcroît, à l'origine du site voisin, qui enfanta du présent blogue, je donnais ce très beau poème de Neruda. Aujourd'hui, toujours voisin de 'la résidence sur la terre' qu'occupa ici, en tant qu'ambassadeur de son pays, le poète, il me plaît de le redonner dans ces pages. J'aimerais y associer un autre texte, en prose, qui me semble en être le pendant, d'un autre écrivain et poète, anglais, celui-là…, mais ce sera pour demain. Et je dédie cordialement tout 'cela' à une amie qui aimera à les lire. 



Diego Rivera, Sueño de una tarde dominical en la Alameda Central, 
Museo Mural Diego Rivera, Mexico. 



Un jeune homme seul 

… 

Les jeunes homosexuels et les jeunes filles amoureuses,
et les longues veuves qui souffrent d'insomnies délirantes,
et les jeunes dames fécondées il y a trente heures,
et les chats rauques qui traversent mon jardin de ténèbres,
tel un collier de palpitantes huîtres sexuelles
entourent ma résidence solitaire,
tels des ennemis établis contre mon âme,
tels des conspirateurs en tenue de nuit
qui auraient pour consigne d'échanger de longs baisers épais.

Le radieux été conduit les amoureux
en d'uniformes régiments mélancoliques,
composés de gros et maigres et joyeux et tristes couples :
sous les élégants cocotiers, près de l'océan et de la lune,
il y a une vie constante de pantalons et de jupes,
une rumeur de bas de soie caressés,
et des seins féminins qui brillent comme des yeux.

Le petit employé, après un lourd,
après un long ennui hebdomadaire, et les romans lus la nuit au lit
a définitivement séduit sa voisine,
et l'emmène dans les misérables cinémas
où les héros sont des poulains et des princesses passionnées,
et il caresse ses jambes pleines de duvet
avec ses mains humides, ardentes et qui sentent la cigarette.

Les soirées du séducteur et les nuits des époux
se fondent comme deux draps qui m'ensevelissent,
et les heures après le déjeuner où les jeunes étudiants
et les jeunes étudiantes, et les prêtres se masturbent,
et les animaux forniquent sans détours,
et les abeilles sentent le sang, et les mouches colériques bourdonnent,
et les cousins jouent étrangement avec leurs cousines,
et les médecins regardent avec fureur le mari de leur jeune patiente,
et les heures du matin où le professeur, comme par mégarde,
accomplit son devoir conjugal et déjeune,
et plus encore, les adultères, qui s'aiment d'un véritable amour
sur des lits hauts et longs comme des navires :
sûrement, éternellement m'entoure
cette grande forêt respiratoire et enchevêtrée
de grandes fleurs comme des bouches et des dentitions
et de noires racines en forme d'ongles et de chaussures. 



>Pablo Neruda, Un jeune homme seul, extrait de La résidence sur la terre, traduit de l'espagnol (Chili) par Guy Suarès, Éditions Gallimard, Paris. 

samedi 18 février 2012

La place du mort





Impudent celui qui prétendrait s'installer à la place du mort. 




lundi 13 février 2012

Le muscat de Marie-Hélène






Marie-Hélène, que le pied de muscat que nous avions choisi et planté ensemble, demain, en votre absence même, devienne treille — si le grand gel n'a pas aussi fait son œuvre — et que celles et ceux qui, au fil des ans, en apprécieront la douceur du grain, n'oublient pas de relever, associé au musc, corsé de révolte, l'accent de larme amère, qu'aujourd'hui nous y ajoutons. Ainsi, désormais, portant votre souvenir, se perpétuera la qualité de votre muscat, Marie-Hélène.

À C. et J. D., en toute amitié et sympathie. 


samedi 28 janvier 2012

L'animale soeur [Philippe Jaccottet]



source : Ancient Sculpture Gallery
Aphrodite, période hellénistique, plaque,
original au Musée national d'Athènes.



On aura vu aussi ces femmes — en rêve ou non,
mais toujours aussi dans les enclos de la nuit —
sous leurs crinières de juments, fougueuses,
avec de longs yeux tendres à lustre de cuir,
non pas la viande offerte à ces nouveaux étals de toile,
bon marché, quotidienne, à bâfrer seul entre deux draps,
mais l'animale sœur qui se dérobe et se devine,
encore moins distincte de ses boucles, de ses dentelles
que l'onduleuse vague ne l'est de l'écume,
le fauve souple dont tous sont chasseurs
et que le mieux armé n'atteint jamais
parce qu'elle est cachée plus profond dans son propre corps
qu'il ne peut pénétrer — rugirait-il d'un prétendu triomphe —,
parce qu'elle est seulement comme le seuil
de son propre jardin, ou une faille dans la nuit
incapable d'en ébranler le mur, ou un piège
à saveur de fruit ruisselant, un fruit,
mais qui aurait un regard — et des larmes.


>Philippe Jaccottet, Autres chants, Chant d'en-bas, Éditions Gallimard, Paris, 1977.


À maintes, à toutes, à D/M.


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HOMMAGE À MOHAMED HAKIM AKALAY [27/12/44 - 25/07/10]