mardi 28 février 2012

C'est R.S. ... Est-ce, est-ce ?



 Contournant le monument le plus imposant de la capitale à l'occasion de ma promenade canine quotidienne — le chien, c'est moi ; le maître tout autant —, je rencontre une inhabituelle colonne de véhicules de police stationnée à proximité. Pourtant, aucun séisme en perspective, aucun rassemblement dommageable à l'ordre républicain, aucun terroriste dans la ligne de mire — décidément, la perfecture de police a ses raisons que le citoyen ne connaît pas. Oh ! il ne s'agit pas de ces habituels militaires en treillis, l'air accablé — que l'uniforme ne fait-il pas ! — mais de ces 'bêtes' (à prendre ici dans le sens belge du terme) policiers, pas même dans cet accoutrement qui les fait ressembler à des scarabées noirs, en moins élégants, pas même dotés d'une de ces armes redoutables et génériques à consonance russe, bien que prudemment verrouillée, non, costume, si l'on peut dire, de coutil noir, galoches à clous, calot de travers, pas même machouillant une vague gomme, pas même fumant un j…, non, une cigarette, pas même manipulant dans leur désœuvrement un quelconque appareil androïde, non, tout bêtement, de 'bêtes' — au sens belge du terme — CRS patrouillant vaguement.

Prudence oblige — c'est ainsi que j'existe encore —, comme à l'accoutumée, les voyant, le chien, la laisse et moi — c'est tout un —, nous effectuons ostensiblement une large courbe d'évitement, qui manifestement ne passe pas inaperçue. Malgré la distance qui se creuse et s'étend, j'entends le 'flic' dire, me voyant sans avoir l'air de me regarder, s'adressant à moi sans avoir l'air de me parler : ''N'ayez pas peur !'

Tilt !

Dans le même temps, j'entends les merles siffler, les mésanges striduler, joyeusement et ostensiblement. C'est le printemps !



lundi 27 février 2012

La silhouette blanche




... BLACKS, NIKE VOUS NIPPE* PLUS BLANC !



Affiche publicitaire de >Nike pour la tenue (saison 2012-13)
 des joueurs de l'Équipe de France de Football (FFF).
[Cliquer sur la photo pour l'agrandir.]

* Est-ce le terme approprié ?

vendredi 24 février 2012

Fais-moi sentir, dit-il [E.E.Cummings]





Gravure de >Martin Van Maelec. 1905-1909.





et pour en finir [provisoirement] avec la question du sexe…




Fais-moi sentir, dit-il
(tu veux que je crie ?, dit-elle
seulement une fois, dit-il)
c'est amusant, dit-elle

(laisse-moi toucher, dit-il
jusqu'où ?, dit-elle
un peu plus bas, dit-il)
et pourquoi pas ?, dit-elle

(s'il te plaît encore, dit-il
mais pas trop, dit-elle
quand est-ce trop ?, dit-il
ça l'est déjà, dit-elle)

laisse-moi rester, dit-il
(comment ?, dit-elle
euh… comme ça, dit-il
si tu m'embrasses, dit-elle

si je reste, dit-il
c'est de l'amour, dit-elle)
si tu le décides, dit-il
(tu me tues, dit-elle

c'est la vie, dit-il
et ta femme, dit-elle
et maintenant, dit-il)
ooh voilà, dit-elle

(doucement, doucement, dit-il
ne t'arrête pas, dit-elle
tu peux y compter, dit-il)
vas-y doucement, dit-elle

(je jouiiis ?, dit-il
ooooh, dit-elle)
c'est divin, dit-il
(tu es à Moi, dit-elle)


>E.E. Cummings, Fais-moi sentir, dit-il / (may I feel, said he), extrait de Complete Poems 1913-1962. 

jeudi 23 février 2012

Du vrai sexe [D.H. Lawrence]



Chose promise, et qu'on l'entende comme on veut — ou comme on peut —, voici l'autre versant, mais si complémentaire, de ce que Pablo Neruda rendait manifeste dans son poème présenté hier. Ici, la passion érotique au corps à corps, ou plutôt au corps contre corps, de deux êtres, une femme et un homme, seuls avec eux-mêmes dans cet événement bouleversant — "bouleversifiant", pour reprendre le mot si juste d'une amie — qu'est, selon D.H.Lawrence, "l'antique passion qui unit".

Autant poète qu'écrivain, romancier et essayiste, loin de la figure scandaleuse à laquelle une certaine société puritaine, de triste bourgeoisie sexiste, à voulu le réduire, D.H. Lawrence est certainement d'abord un "moraliste". N'écrivait-il pas : "Là où il y a du vrai sexe on trouve une passion latente pour la fidélité…" et, même, revenant sur le motif dans un très beau poème intitulé d'ailleurs "Fidelity" :

Et quand à travers tous les sauvages orgasmes de l'amour
doucement se forme une pierre précieuse dans les anciennes roches refondues
de deux cœurs humains, deux anciennes roches, un cœur d'homme et un cœur de femme,
c'est le cristal et la paix, le lent et dur joyau de la confiance, le saphir de la fidélité.
Le gemme de paix mutuelle émergeant du chaos sauvage de l'amour.




Aussi, lorsque dans son roman fétiche, "L'amant de Lady Chatterley", Connie, Lady Chatterley "rencontre", à Nottinghamshire, Mellors, son garde forestier, non pas au-delà, mais à travers les péripéties amoureuses elles-mêmes, c'est effectivement "le gemme de paix mutuelle émergeant du chaos sauvage de l'amour" qui se découvre, et c'est aussi ainsi que se conclut cette rencontre, qui est pour eux deux découverte et révélation. Tendresse et fragilité tel est in fine ce qui trame le "vrai" rapport amoureux.

Ah ! C'est trop beau ! C'est trop beau ! Dans le flot, elle comprit toute la beauté. Maintenant, tout son corps s'accrochait avec un amour tendre à l'homme inconnu, et aveuglément au pénis qui se flétrissait, pendant que tendrement, faiblement, sans le savoir, il se retirait après le fier impact de sa puissance. Comme il se retirait et abandonnait son corps, si secret et si sensible, elle poussa un cri inconscient de pur effroi et essaya de le réintroduire en elle. Cela avait été si parfait ! Elle elle l'aimait tellement !

Seulement maintenant elle se rendait compte de sa petitesse, de sa réticence de bobèche et de la tendresse de son pénis, et un petit cri d'émerveillement et de douleur lui échappa à nouveau, le cri de son cœur de femme stupéfaite par la délicate fragilité de ce qui avait été puissance.

"C'était si beau !" gémit-elle. "C'était si beau !" Mais il ne dit rien : il l'embrassa doucement, gisant sur elle sans bouger. Et elle gémit dans une sorte de béatitude, comme un holocauste ou une créature qui vient à peine de voir le jour.

D'ailleurs, Lawrence lui-même prend les devants dans sa préface afin de désamorcer le mauvais procès qu'on tente de lui faire en précisant :

C'est cela que le monde nommerait indécence. Mais toi tu sais que ça n'est en rien indécent. Je me bats toujours pour la même chose, pour rendre le rapport sexuel acceptable et précieux, et non honteux. Et dans ce roman je suis allé encore plus loin. Pour moi, il est beau, tendre et fragile comme la nudité elle-même.

Ainsi, pour moi, la cause est entendue.


>D.H. Lawrence, extraits de Fidélité dans Pansies / Pensées et de L'Amant de Lady Chatterley, Éditions Gallimard, Paris. 


mercredi 22 février 2012

La résidence sur la terre [Pablo Neruda]



Voici quelques huit années, et quelques mois de surcroît, à l'origine du site voisin, qui enfanta du présent blogue, je donnais ce très beau poème de Neruda. Aujourd'hui, toujours voisin de 'la résidence sur la terre' qu'occupa ici, en tant qu'ambassadeur de son pays, le poète, il me plaît de le redonner dans ces pages. J'aimerais y associer un autre texte, en prose, qui me semble en être le pendant, d'un autre écrivain et poète, anglais, celui-là…, mais ce sera pour demain. Et je dédie cordialement tout 'cela' à une amie qui aimera à les lire. 



Diego Rivera, Sueño de una tarde dominical en la Alameda Central, 
Museo Mural Diego Rivera, Mexico. 



Un jeune homme seul 

… 

Les jeunes homosexuels et les jeunes filles amoureuses,
et les longues veuves qui souffrent d'insomnies délirantes,
et les jeunes dames fécondées il y a trente heures,
et les chats rauques qui traversent mon jardin de ténèbres,
tel un collier de palpitantes huîtres sexuelles
entourent ma résidence solitaire,
tels des ennemis établis contre mon âme,
tels des conspirateurs en tenue de nuit
qui auraient pour consigne d'échanger de longs baisers épais.

Le radieux été conduit les amoureux
en d'uniformes régiments mélancoliques,
composés de gros et maigres et joyeux et tristes couples :
sous les élégants cocotiers, près de l'océan et de la lune,
il y a une vie constante de pantalons et de jupes,
une rumeur de bas de soie caressés,
et des seins féminins qui brillent comme des yeux.

Le petit employé, après un lourd,
après un long ennui hebdomadaire, et les romans lus la nuit au lit
a définitivement séduit sa voisine,
et l'emmène dans les misérables cinémas
où les héros sont des poulains et des princesses passionnées,
et il caresse ses jambes pleines de duvet
avec ses mains humides, ardentes et qui sentent la cigarette.

Les soirées du séducteur et les nuits des époux
se fondent comme deux draps qui m'ensevelissent,
et les heures après le déjeuner où les jeunes étudiants
et les jeunes étudiantes, et les prêtres se masturbent,
et les animaux forniquent sans détours,
et les abeilles sentent le sang, et les mouches colériques bourdonnent,
et les cousins jouent étrangement avec leurs cousines,
et les médecins regardent avec fureur le mari de leur jeune patiente,
et les heures du matin où le professeur, comme par mégarde,
accomplit son devoir conjugal et déjeune,
et plus encore, les adultères, qui s'aiment d'un véritable amour
sur des lits hauts et longs comme des navires :
sûrement, éternellement m'entoure
cette grande forêt respiratoire et enchevêtrée
de grandes fleurs comme des bouches et des dentitions
et de noires racines en forme d'ongles et de chaussures. 



>Pablo Neruda, Un jeune homme seul, extrait de La résidence sur la terre, traduit de l'espagnol (Chili) par Guy Suarès, Éditions Gallimard, Paris. 

samedi 18 février 2012

La place du mort





Impudent celui qui prétendrait s'installer à la place du mort. 




lundi 13 février 2012

Le muscat de Marie-Hélène






Marie-Hélène, que le pied de muscat que nous avions choisi et planté ensemble, demain, en votre absence même, devienne treille — si le grand gel n'a pas aussi fait son œuvre — et que celles et ceux qui, au fil des ans, en apprécieront la douceur du grain, n'oublient pas de relever, associé au musc, corsé de révolte, l'accent de larme amère, qu'aujourd'hui nous y ajoutons. Ainsi, désormais, portant votre souvenir, se perpétuera la qualité de votre muscat, Marie-Hélène.

À C. et J. D., en toute amitié et sympathie. 


samedi 28 janvier 2012

L'animale soeur [Philippe Jaccottet]



source : Ancient Sculpture Gallery
Aphrodite, période hellénistique, plaque,
original au Musée national d'Athènes.



On aura vu aussi ces femmes — en rêve ou non,
mais toujours aussi dans les enclos de la nuit —
sous leurs crinières de juments, fougueuses,
avec de longs yeux tendres à lustre de cuir,
non pas la viande offerte à ces nouveaux étals de toile,
bon marché, quotidienne, à bâfrer seul entre deux draps,
mais l'animale sœur qui se dérobe et se devine,
encore moins distincte de ses boucles, de ses dentelles
que l'onduleuse vague ne l'est de l'écume,
le fauve souple dont tous sont chasseurs
et que le mieux armé n'atteint jamais
parce qu'elle est cachée plus profond dans son propre corps
qu'il ne peut pénétrer — rugirait-il d'un prétendu triomphe —,
parce qu'elle est seulement comme le seuil
de son propre jardin, ou une faille dans la nuit
incapable d'en ébranler le mur, ou un piège
à saveur de fruit ruisselant, un fruit,
mais qui aurait un regard — et des larmes.


>Philippe Jaccottet, Autres chants, Chant d'en-bas, Éditions Gallimard, Paris, 1977.


À maintes, à toutes, à D/M.


mercredi 25 janvier 2012

Derniers jours...




Non, il ne s'agit pas des soldes ! 

Précipitez-vous, VITE, ce sont 

LES DERNIERS JOURS DE POMPÉI
un art de vivre  [... à en mourir ] 

 Musée Maillol 
59/61, rue de Grenelle 
75007 Paris



dimanche 22 janvier 2012

Pierres de Celtes


Monument aux morts 
de Saint-Maurice-Navacelles
source : fr.wikipédia.org


On avait, chez les Celtes de l'antiquité, un moyen simple et clair de dénombrer les morts parmi les guerriers en recourant au tas. En partant pour la guerre, en effet, chaque homme ramassait une pierre et la jetait avec les autres sur le même tas. Au retour chacun enlevait une pierre du tas, où ne restaient finalement que les pierres de ceux qui ne pouvaient pas venir enlever la leur. Ainsi se constituèrent d'eux-mêmes les monuments aux morts. Par la simple soustraction de ceux qui revenaient du nombre de ceux qui étaient partis, le sentiment voué aux morts se trouvait exprimé de la façon la plus claire : à la place des disparus (tombés sur le champ de bataille ou tombés aux mains de l'ennemi) se dressait le mémorial des pierres entassées.

>Elias Canetti, Le territoire de l'Homme (année 1950), traduit de l'allemand par Armel Guerne, Éditions Albin Michel, Paris, 1978.

vendredi 13 janvier 2012

Lentilles à la chilienne



Bon, disons, globalisationnement parlant, que ça se cuisine comme un chili con carne où l'on remplacerait les haricots rouges par des lentilles vertes et le bœuf hâché par de la poitrine de porc fumée. Rien à voir avec les lentilles farcies à la sauce Blanche (Francis).

Vous prenez une bonne dose de lentilles sèches, bien rincées, Grosso & Modo (paix à leurs regards divergents et convergents) 80 g par personne et pour une préparation destinée (Oh ! le destin, l'intestin..., avec les lentilles, il faut s'attendre à tout) à 3 ou 4 personnes, selon l'appétit présumé de chacune, chacun.

Préparez vos lentilles vertes (bio, de préférences, car ces légumineuses-là ont l'art de s'assimiler toutes les qualités du sol où l'on les pousse... mais aussi toutes ses saloperies) selon les conseils du conditionneur, mais en veillant à les conserver assez fermes, car elles devront ensuite finir de couire encore doucement en bonne et autre compagnie.

Pendant que les lentilles couisent, dans une belle cocotte, faites suer un ou deux gros oignons hâchés - d'Espagne ou, pour le douceur, le 'Jaune paille de Vertus'' (eh oui !) - , ajoutez deux à trois belles tranches de poitrine fumée, acquises chez votre charcutier préféré, taillées en lardons - surtout pas de ces autres saloperies appelées 'allumettes' de lard ou lardons sans couenne extraits de votre supermarché (aussi) préféré. Laissez fondre doucement, comme le désir et le reste - pour ce qui est d'autres lardons, si vous ne les avez déjà faits, vous les ferez plus tard, pendant l'utile sieste digestive qui suivra, par exemple.

Quand tout cela a bien fondu, pris une douce couleur ambrée, salez, poivrez, ajoutez moult et moult, cumin, paprika, ail, en semoulade (n'hésitez pas, ici - comme dans l'amour - le trop est l'ami du bien). Laissez frisotter légèrement les épices.

Une fois couites, les lentilles - surtout, ne jetez pas immédiatement l'eau de cuisson - , à l'aide d'une honnête louche, ajoutez-les à l'autre préparation. Mouillez encore un peu, si nécessaire, avec de l'eau de cuisson - jetez enfin le reste, ou buvez-le, un fois tiédi -, ajoutez encore de la purée ou du coulis de tomate. Laissez mijoter très doucement - comme un homme, une femme, ou encore un(e) autre, dans son désir. Une heure à une heure et demi conviennent.

Parallèlement, vous aurez coupé en  petits dés deux tranches de pain complet et vous les aurez faits voluptueusement tremper dans du lait.

Quand, enfin, tout est couit doucement, vous ajoutez le pain à la préparation, et bien le mélangez - ça adoucit la saveur un peu 'métallique' des lentilles et ça lie le tout. Rectifiez l'assaisonnement. Vous laisserez, finalement, chacune, chacun, ajouter, au gré, du vrai piquant (piment fort, pili-pili, voire harissa).

Servez largement à chacune, chacun, dans un grand bol ou une assiette, dite creuse, accompagné d'une cuiller à lentille, concave d'un côté, convexe de l'autre, par personne, pour icela déguster - et éviter d'avoir à manger avec les doigts -, en prenant le soin de garnir délicatement chacune, chacun, d'une belle pincée de coriandre fraîche ciselée.

Bonne appétit... et bonne après-midi, tout autant.


À chacune, chacun et, surtout, merci à Mariana, à qui je dois cela, nonobstant le fait que, pour des raisons très chiliennes, à l'époque, et d'autre manière, obscurément, elle aussi, Pinochet la cuisina. Ouf, c'est fini !

dimanche 1 janvier 2012

D'an et de corde [Jean-Pierre Husquinet]



2000douce
Jean-Pierre Husquinet,
artiste plasticien, sculpteur de cordes. 


Merci, Jean-Pierre. 

Voir aussi : De noeuds et de cordes



lundi 21 novembre 2011

La chèvre et l'ânesse

Séduction, impression, ignorance, bêtise…

J'ai connu une ânesse, plutôt bête, et quelque peu ignorante,  mais très belle,  — comme savent l'être certaines ânesses — qui partageait un pré avec une chèvre, guère bête, et pas du tout ignorante — et de surcroît avec des yeux admirables —, elle savait grimper aux arbres, comme seules les chèvres savent faire. L'ânesse était à la fois impressionnée et séduite par la chèvre et la suivait, toujours avec réticence, mais la suivait, dans ses bons et mauvais coups : passer le haie et venir déguster le rosier de Madame Meilland, goûter, dans mon verre, à mon amaretto, tandis que je leur faisais la causette, impressionné et séduit que j'étais par le jeu et ce couple-là, qui n'était pas contre nature. 

Un jour, brutalement, sous mes yeux, après un bref braiement, l'ânesse s'effondra net, terrassée par quelque subite arrêt cardiaque. La chèvre n'avait rien vu, rien entendu, occupée un peu plus loin à régler leur compte à des chardons. Vite, on camoufla le corps sous une bâche, par égard aux enfants habitués, qui passaient par là, en attendant que l'équarisseur fasse son œuvre. 

Le lendemain, la chèvre était là, hébétée (eh oui !), ignorant tout, et, malgré toute sa vie de bête, fortement impressionnée, ne comprenant pas. Plus guère séduite par mon amaretto, elle me laissait passer la main sur sa tête, sans rien dire ni faire, ses yeux et sa tête étaient vides. Elle appelait tristement l'ânesse qui ne la suivait pas. Elle oublia vite peut-être, mais, pour en être assuré et ne pas la laisser indûment souffrir, son maître la changea de pré. Je ne la revis pas. 



À Dalila, dite aussi Melissa, amicalement.



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HOMMAGE À MOHAMED HAKIM AKALAY [27/12/44 - 25/07/10]